2014-09-13 INTERVIEW Robert Steele with Pierre Cloutier Québec – plaidoyer pour une nation intelligente

Pierre Cloutier

Pierre Cloutier

Les grandes entrevue de Vigile : Robert Steele

Québec : plaidoyer pour une nation intelligente

Le Québec pourrait servir de modèle pour le monde entier

Pierre Cloutier Tribune libre de Vigile samedi 13 septembre

Robert David STEELE Vivas

Robert David STEELE Vivas

Robert David Steele Vivas est un vrai patriote américain. Ancien marine, ancien agent de la CIA en Amérique du Sud et ailleurs, co-fondateur du Centre de renseignement du Corps des Marines, diplômé en sciences politiques, en relations internationales, en administration des affaires et en matière de défense nationale, il s’est consacré depuis les 25 dernières au concept de renseignement ouvert, dont il est l’instigateur, a écrit de nombreux livres sur le sujet et a formé plus de 7 000 officiers dans plus de 66 pays, incluant tous les pays de l’OTAN. Son dernier livre s’intitule : Open Source Everything Manifesto, Transparency, Thruth et Trust. C’est un révolutionnaire iconoclaste et un ami du Québec.

Q – Robert Steele, il s’en est passé du temps depuis que nous nous sommes rencontrés en 1994 à ma demande, dans les bureaux à Québec de Bernard Landry, alors ministre des Affaires internationales et vice-premier ministre. Comment les choses ont-elle évolué pour vous depuis ce temps ?

R – Pendant un certain temps, divers gouvernements ont été sensibles à mes suggestions et ont bien réagi en tentant d’utiliser tant bien que mal les sources ouvertes d’information pour agir comme support à la prise de décision, pouvant ainsi les partager ouvertement et facilement avec les divers décideurs publics et les citoyens. Mais le complexe militaro-industriel a réalisé rapidement que l’implantation de mes idées allait réduire de 50% leurs profits et aussi mettre en péril de nombreux arrangements corrompus pour créer des projets qui sont totalement inutiles et je fus en conséquence rapidement marginalisé et mis à l’écart. Mes attestations de sécurité (accès aux informations secrètes) me furent rapidement enlevées avec le résultat que cela mis fin à des contrats que j’avais avec divers organismes publics et détruit mon entreprise (Open Sources Solutions Inc.), qui avait un chiffre d’affaires de près de 1.7 millions$ avec un seul employé (moi-même). J’ai été en chômage pendant longtemps, sauf pour quelques contrats de quelques mois en Afghanistan et pour l’ONU. Cela ne veut pas dire que j’ai arrêté de penser. J’ai publié plusieurs livres et j’ai essayé d’aider ceux qui en avaient le plus besoin. Aujourd’hui, je vois la lumière au bout du tunnel puisque j’ai été engagé comme professionnel invité (Academic Visitor) à l’université Loughborough de Londres et il est fort raisonnable de penser que je pourrai passer les 25 prochaines années de ma vie à participer à une École de gouvernance hybride du futur (School for Future Oriented Hybrid Governance et un Institut du « cerveau global » (World Brain Institute), Je pense que je me suis trop fié aux gouvernements et je réalise que Buckminster Fuller (architecte, designer, inventeur et auteur futuriste américain) avait raison : j’aurais dû faire porter mes efforts vers les besoins des citoyens et du public en tout temps, au lieu d’essayer de remédier aux défauts des gouvernements dysfonctionnels.

Q – C’est dommage que le projet de doter le Québec d’une agence de renseignement ouvert (Open Source Intelligence Agency) n’ait pas pu voir le jour comme nous l’aurions souhaité et cela pour diverses raisons. Quel aurait pu être votre apport pour le Québec et en quoi cela aurait-il pu mieux servir les objectifs d’indépendance du gouvernement du Québec ?

R – J’ai beaucoup de respect pour la culture québécoise et de ses efforts pour conserver les valeurs relatifs à cette culture. Comme quelqu’un l’a écrit récemment, si vous voulez éviter à tout prix le piège du consumérisme américain, déménagez au Québec. Mais je dois dire aussi que le Canada a été bon pour moi aussi – je mentionne en passant la contribution du Brigardier James Cox, sous-directeur du renseignement à l’OTAN et celle du professeur Walter Dorn du Collège militaire royal du Canada, mais j’ajoute que ni le Canada ni la Grande-Bretagne ont fait ce qu’ils auraient du faire en disant « non » aux diktats sans contrôle du gouvernement américain qui nous a conduit à la guerre en se basant sur des mensonges et a adopté des comportements en matière d’énergie, de santé et dans d’autres secteurs qui sont toxiques pour l’humanité toute entière. En ce qui me concerne, le Québec est un endroit béni des dieux, car c’est un territoire situé au nord, à l’abri des changements climatiques avec de l’eau à profusion et de bonnes valeurs humanitaires et culturelles J’aimerais voir un jour le Québec devenir un phare dans la nuit et un exemple pour le monde entier, en mettant sur pied un réseau québécois de renseignement (Quebec Intelligence Network) qui serait capable d’intégrer le secteur de l’éducation, le renseignement utile à la prise de décision, et la recherche de sorte qu’il soit possible à la fois de connaître la meilleure vérité accessible sur n’importe lequel sujet et rendre cela de façon si publique que les gouvernements et les entreprises ne puissent plus s’en tirer avec tous ces mensonges qu’ils nous racontent et qui sont repris par les médias et que les instituts de recherche privés et publics ne remettent jamais en question ces mensonges. Certainement qu’il y a un besoin important tant au niveau local que global d’avoir la vérité, en français, ce qui permettrait, entre autres au Québec de devenir un axe important de développement particulièrement en Afrique où le français est encore la langue dominante des élites, des universitaires et du commerce international.

Comme nous le savons tous, la Cour suprême du Canada a validé le droit du Québec de déclarer son indépendance si tel est son choix. Quelque chose de semblable existe aussi chez nous, aux USA avec Hawaï et j’anticipe même que l’Alaska et le Vermont et peut-être aussi le Maine et le New-Hampshire pourraient rechercher l’indépendance dans les prochains 10 ans. Le gouvernement fédéral emprunte mille milliards$ par année, un tiers de son budget étant utilisé pour payer des programmes qui n’ont que 50% d’efficacité. Par ailleurs, le gouvernement canadien m’a toujours surpris par son efficacité et son contrôle des dépenses. mais je n’ai pas droit de vote en ce qui concerne l’indépendance, seulement une opinion : si le Québec veut être indépendant ou autonome à l’intérieur du Canada, il m’apparaît essentiel qu il développe un réseau public de renseignement qui est mieux informé, plus souple et capable de permettre à de nombreux publics – ses citoyens et les autres – d’accéder au savoir et à la connaissance, c’est-à-dire en bout de ligne à la vérité.

Le renseignement sert d’abord et avant tout de support à la prise de décision : comprendre ce qu’on doit savoir, savoir ou découvrir qui sait, redistribuant tout ce qui peut être connu en fonction de nos objectifs et ensuite présenter ce savoir précis, analysé et détaillé aux divers décideurs, dans des délais rapides. Ce n’est pas ce que font les diverses agences de renseignement ici et maintenant. car l’essentiel de l’argent est dépensé sur la technologie et le secret et en faisant cela, elles sont complètement incapables d’être utiles à la prise de décision et certainement pas en mesure d’apporter des solutions de manière globale aux problèmes rencontrés par la gouvernance publique.

Q – Vingt ans plus tard, avec toute l’expérience que vous avez acquise à travers le monde, sentez-vous que vous pourriez plus que jamais être utile au Québec et si oui, pourquoi et comment ?

Certainement. J’aimerais beaucoup contribué à la création d’une École de gouvernance hybride pour le futur et d’un Institut du « cerveau global » (World Brain Institute) et que ces 2 organismes deviennent des autorités reconnues en matière de culture, de renseignement et des valeurs québécoises. Les principales nations européennes se sont affaiblies aussi bien intellectuellement que culturellement. Par contre les pays du BRICS (Brézil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) émergent dans tous les domaines, de même que certains autres comme l’Indonésie, l’Iran et la Malaisie. En même temps, des menaces provenant de djihadistes appuyés et encouragés par l’Arabie saoudite, le Qatar et la République arabe unie (Égypte) sont dirigées contre les pays occidentaux et forment en une cinquième colonne extrêmement dangereuse. Les Espagnols ont expulsé les juifs et les musulmans en 1492 pour une bonne raison : ces communautés ne s’assimilent pas, ils refusent d’être loyaux et de respecter les cultures et les valeurs locales et ils travaillent constamment pour miner la cohésion nationale de leur pays d’accueil. Si j’ai appris une chose au cours de ces 20 dernières années, c’est que le contre-renseignement (counter-intelligence) doit être bien organisé, omniprésent, avec une branche secrète extrêmement efficace. Et le faire dans toutes les langues si nécessaires est le fondement de toute société ouverte qui désire maintenir ses valeurs et sa culture. Les immigrants qui s’assimilent et qui ne sont pas subversifs, par contre, représentent un apport extrêmement enrichissant pour le pays d’accueil et ceux qui ne font pas partie de cette catégorie de personnes doivent être expulsées.

Q – J’ai lu la plupart de vos livres, mais un en particulier avait retenu mon attention, soit celui portant sur le Smart Nation Act. Aurait-on pu appliquer cette législation pour le Québec et si oui, comment cela aurait-il été utile ?

R – J’ai développé le concept de « nation intelligente » (Smart Nation) dans un article paru dans le Government Information Quaterly en 1996. À l’époque, j’avais 2 ingrédients, si je peux m’exprimer ainsi et j’en ai ajouté 2 autres par la suite. Le premier ingrédient était la création d’une Agence de renseignement ouvert (Open Source Agency) capable de collecter, d’effectuer correctement les processus, d’analyser et de publier le renseignement utile à la prise de décision concernant toutes les menaces et toutes les politiques publiques en utilisant seulement les sources éthiques et légales d’information et cela dans toutes les langues (ce que ne font pas les USA et le Canada actuellement). Le second ingrédient était le concept original des 8 grandes catégories ou réseaux d’information. Ceci est important dans la mesure où les gouvernements sont ceux qui sont les moins bien informés et les moins efficaces parmi ces 8 réseaux. Ces 8 réseaux sont les réseaux de l’éducation, de la société civile, y compris les religions et le monde du travail, le commerce, le gouvernement, la sécurité publique, les médias et les organisations non gouvernementales et sans but lucratif. Il est d’une importance primordiale que ces 8 réseaux soient en mesure de partager entre eux les informations et le fardeau de leur donner un sens sur tous les sujets, ensemble et tout le temps. Aujourd’hui ces réseaux sont séparés par des rideaux de fer, les organisations à l’intérieur de chaque réseau sont séparés par des clôtures de bois et les individus dans ces organisations sont séparés par des rideaux de plastique.

Récemment, j’ai ajouté 2 autres ingrédients : les coûts économiques réels et le concept d’Open Source Everything (la transparence complète). J’ai réalisé aujourd’hui que si les gouvernements et les grandes corporations sont capables de piller le trésor public si facilement c’est que les citoyens ne connaissent pas les véritables coûts économiques de chaque politique publique, chaque service, chaque produit ou comportement ou usage en vigueur. Le projet canadien des sables bitumineux est, à titre d’exemple, une idiotie complète. Il utilise l’eau potable qui n’est pas illimitée pour nettoyer le goudron créant par ce fait même un immense gâchis, tout cela pour alimenter des raffineries patrimoniales privées au Texas qui veulent exporter du pétrole en Europe. Les USA n’ont pas besoin de cette industrie du goudron. Tout ce qui a été dit à ce sujet est un mensonge odieux. Le concept d’Open Source Everything est encore plus intéressant.Ceci signifie que les concepts d’accessibilité aux données (Open Data) et de gouvernement ouvert (Open Government) sont une fraude s’ils sont poursuivis isolément. Pour construire une société ouverte (Open Society) nous devons avoir plusieurs sortes de transparence (en anglais) : technologie ouverte en matière d’agriculture (Open Farm Technology), pour les PME (Open Small Business Technology), pour les brevets (Open Patents), pour les droits d’auteurs (Creative Commons Copyrights), pour les logiciels (Open Source Software), pour l’accès aux données (Open Data Access), pour la monnaie (Open Money), pour les ondes (Open Spectrum), pour le renseignement (Open Source Intelligence), pour la gouvernance (Open Governement) etc.

Au Québec, Montréal a toujours été un leader des ondes gratuites sans-fil pour le public et je verrais très bien cette ville comme un modèle de « ville intelligente » (Smart City) pas dans le sens où les diverses applications d’IBM puissent se connecter ensemble, mais dans le sens de procéder à une réingénierie de la ville et ensuite du Québec pour devenir un brillant exemple de ce que Buckminster Fuller appelle « enphemeralism » c’est-à-dire la capacité de faire plus avec moins.

Q – Vous m’avez dit un jour : « Si jamais je devais m’exiler de mon pays natal, c’est au Québec que j’irais, parce que vous avez de l’eau ». Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs pourquoi vous avez dit cela et quelle est l’importance de cet enjeu ?

R – J’ai toujours été très sensibilisé par l’importance de l’eau potable, qui est un enjeu mondial important. Une fois dans ma vie, je me suis retrouvé dans une situation où j’ai été privé d’eau pendant près de 12 heures et j’en garde un très mauvais souvenir. En 2006, lorsque j’ai créé le Earth Intelligence Netwok, une organisation sans but lucratif, j’ai aidé 23 autres organisations à créer un modèle d’analyse global qui combine les 10 plus grandes menaces à l’humanité identifiées par l’ONU en 2004 (la pauvreté, les maladies infectieuses, la dégradation de l’environnement, les conflits inter-étatiques, les guerres civiles, les génocides, les autres atrocités, la prolifération des armes, le terrorisme et les crimes transnationaux) avec les 12 grands domaines prioritaires des politiques publiques de base (agriculture, diplomatie, économie, éducation, énergie, famille, santé, immigration, justice, sécurité, société, eau) ainsi qu’une liste des 12 puissances démographiques et culturelles qui, selon moi, vont définir le monde de demain ( Brésil, Chine, Cuba, Inde, Indonésie, Iran, Malaisie, Nigéria, Russie, Afrique du Sud, Turquie et Venezuela) et ce modèle d’analyse pourrait être une mine d’or pour le Québec., s’il l’appliquait. Tous ces critères doivent être gérés ensemble. En 2010, j’ai été engagé par l’UNESCO pour réviser un certain nombre d’ouvrages et d’études sur l’eau et le résumé de ces ouvrages peut être consulté en ligne à l ’adresse suivante : http://www.huffingtonpost.com/robert-david-steele/water-the-soul-of-the-ear_b_804943.html. Le Québec a la chance unique d’avoir sur son territoire des réserves immenses d’eau potable et de développer l’énergie qu’elle rend possible et j’espère de tout mon cœur que cette chance inestimable ne sera jamais prise pour acquis. Le Québec doit certainement se préoccuper de l’irresponsabilité des gouvernements canadien et américain concernant l’eau potable et le jour n’est peut-être pas loin où le Québec sera envahi par des « réfugiés de l’eau » provenant de ces pays si des solutions ne sont pas mises en place maintenant pour s’assurer que des réserves importantes d’eau potable soient accessibles pour satisfaire les besoins de leurs citoyens. Dans l’ouest des États-Unis des villes entières manquent d ’eau potable et agonisent.

Q – Votre dernier livre Open Source Everything Manifesto est une charge à fond de train contre le capitalisme prédateur, la dévastation de la planète, la trahison des élites politiciennes et financières, la culture du secret et la corruption. Vous dites que la seule façon de mettre un terme à tout cela, c’est de redonner au peuple le pouvoir par l’accès à la connaissance, au renseignement utile à la prise de décision, à la transparence dans tous les domaines de la vie sociale, économique et politique. Pouvez-vous nous expliquer cela et nous dire également si le modèle que vous proposez serait plus facile à réaliser au sein d’une petite nation comme la nôtre, qui est unique en Amérique du Nord ?

R – L’intégrité est l’élément le plus important et oui je pense que l’intégrité est plus facile à construire et à maintenir dans une petite nation qui a confiance en sa culture et ses valeurs. Le dernier livre que j’ai écrit avec celui-là était INTELLIGENCE FOR EARTH : Clarity, Diversity, Integrity et Sustainability (2010) que l’on peut retrouver ici : http://www.amazon.com/INTELLIGENCE-EARTH-Diversity-Integrity-Sustainaabilty/dp/0971566178

Pour mettre en application ces idées, il suffit D’UN SEUL grand leader, UNE SEULE grande institution, qu’elle soit financière, académique ou gouvernementale. Une fois mises en place, elles se développent d’elles-mêmes. Le monde est englué dans la guerre et la pauvreté aujourd’hui parce que le 1% des gens qui profite de la guerre et de la concentration de la richesse collective sont devenus dépendants de la guerre et de l’instabilité. Mais, dans les faits, la paix est beaucoup plus profitable, car ce profit est distribué équitablement entre les citoyens et il n ’est pas concentré. Ce qui s’est passé, c’est que les citoyens américains ont abdiqué leur droit de révoquer les criminels qui dirigent le pays alors que de façon parallèle Wall Street a trouvé des moyens efficaces et faciles pour corrompre les présidents et les congrès afin de continuer à spéculer en toute tranquilité. Personne ne tient ces criminels responsables de ce gâchis. Le gouvernement américain a fait savoir très clairement qu’il ne veut pas de mes idées d’intégrité, car ses dirigeants sont trop contaminés par la corruption qui règne à Washington. Québec pourrait devenir ce modèle éthique et moral de gouvernance qui peut être facilement exportable en Afrique, en Chine et peut-être aussi au Vietnam.

Q – Le professeur d’économie et de droit français Étienne Chouard (voir ici : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/) mentionne que la véritable démocratie n’existe pas, que nous vivons sous un régime oligarchique et il plaide pour une constitution citoyenne dont les membres seront tirés au sort, écrite par et pour les gens du peuple en fonction de leurs besoins. Que pensez-vous de cette idée et est-ce que la constitution américaine qui permet tant d’inégalités ne devrait pas être remaniée de fond en comble ?

R – En ce qui me concerne, le professeur Chouard a raison sur l’oligarchie mais en ce qui concerne la constitution, je vois les choses de façon un peu différente. Lorsque je me suis présenté à la convention du Reform Party en 2012, dans le cadre de l’élection à la présidence des États-Unis, j’ai constaté qu’il y avait 8 partis politiques accrédités aux USA, pas seulement 2. Nous vivons depuis trop longtemps dans une tyrannie de 2 partis politiques (Républicains et Démocrates) ce qui a pour effet d’empêcher plus de la moitié des citoyens d’exprimer leur choix correctement ou de les inciter à ne pas voter tout simplement, tandis que l’autre moitié se fait enfumer littéralement par la politique-spectacle. Les autres partis sont le Constitution Party, le Green Party, le Libertarian Party, le Natural Law Party, le Reform Party et le Socialist Party. J’ai écrit mes réflexions à ce sujet dans un article intitulé : How I Tested the Boundaries of the Two-Party Tyranny (Reality Sandwich) ici : http://realitysandwich.com/149138/how_i_tested_boundaries_two_party_tyranny/. Ce n’est pas cependant la constitution des États-Unis qui est déficiente. Ce qui est déficient c’est la volonté des fonctionnaires gouvernementaux, y compris les militaires, d’accepter des ordres illégaux et d’être les complices des nombreux mensonges que l’on nous sert, que ce soit au niveau de l’économie (le taux de chômage réel des USA est de 22,4% et non 7%), sur la guerre, la santé et autres sujets.

Je pense qu’il n’y a rien de profondément vicié aux USA qui ne peut être réparé et réparé rapidement, tout simplement en restaurant l’intégrité du processus électoral et ce partant de l’intégrité du gouvernement, Ce sont les citoyens qui ont été négligents en se laissant abuser et enfumer. Je suis presque certain qu’un public réellement renseigné pourrait restaurer rapidement l’intégrité nécessaire pour une saine gouvernance. Cependant il y a une énorme pas à franchir entre les préconditions d’une véritable révolution aux USA et un accélérateur comme il y en a eu un en Tunisie qui a déclenché le printemps arabe. Ce qui manque aux USA c’est cette étincelle qui fera sauter le système, un incident qui sera si interpellant et révoltant qui va réveiller le peuple et le précipiter dans les rues en réclamant la démission globale de notre Congrès corrompu et exiger un nouveau départ. En 1976, dans une de mes thèses, j’ai analysé en détails toutes les pré-conditions d’une révolution,

Q – Êtes-vous pessimiste ou optimiste pour l’avenir de notre planète et la liberté ?

R – Je suis très optimiste. Il y a actuellement une convergence mondiale qui est favorable et j’ai noté des changements notables dans la perception du public depuis 6 mois. Ainsi, il est remarquable que les citoyens américains aient réussi à arrêter l’invasion de la Syrie malgré les nombreux mensonges du gouvernement américain répétés constamment par les médias corporatifs. Il est remarquable que les citoyens américains semblent immunisés contre les nombreux mensonges du gouvernement américain au sujet de l’Ukraine où un gouvernement fasciste corrompu a remplacé un gouvernement populaire corrompu. En dehors du gouvernement américain, je constate qu’il y a quelque progrès en matière d’intelligence collective, d’élévation du niveau de conscience et de morale. C ’est comme si Dieu nous transformait de plus en plus en anges de miséricorde beaucoup plus rapidement que par le passé. Il n’y a pas assez d’armes sur la planète pour anéantir le peuple et le gouvernement américain semble l’avoir compris en abandonnant l’idée récemment de procéder à une arrestation massive de 5 000 activistes dans le pays pour les interner dans un camp de concentration que l’Agence fédérale des mesures d’urgence a fait construire par Haliburton. La Terre est bien vivante. Nous les citoyens faisons partie de cet écosystème. Nos gouvernements sont des créations humaines. Il n’est absolument pas question dans mon esprit que des êtres humains en vie se laissent dominer tout le temps par des gouvernements de mort.

GRAPHIC: Cloutier Revolution in French

ENGLISH ORIGINAL INTERVIEW Pierre Cloutier of Robert Steele 1.1

Sep 13

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